La gestion des macro-déchets côtiers
Actuellement, sur la côte du Calvados, se conjuguent des pratiques d’entretien mécanisé, de l’entretien manuel ou mixte…ou une absence d’entretien.
Le nettoyage mécanisé peut se justifier sur les plages balnéaires pour lesquelles le sable ne constitue qu’un substrat à des activités de bord de mer. L’effet du passage de la machine est cependant radical : cette dernière supprime la totalité de la laisse de mer*, y compris les coquillages et la végétation du haut de plage. De plus, le retournement répété du sable favorise le phénomène d’érosion.
* La laisse de mer est l’espace, plus ou moins large, marquant le niveau de la haute mer. Elle est formée par des dépôts naturels de coquillages, d’algues et de végétaux divers (branchages, troncs, « roseaux »…), et aussi par des intrus, les macro-déchets.
Un macro-déchet est un déchet provenant de l’activité humaine qui a été :
- soit rejeté en mer puis transporté jusqu’à la côte par les courants ou le vent,
- soit emporté par les fleuves jusqu’au littoral,
- soit déposé sur la plage ou l’arrière-plage par les usagers.
Le plus fréquemment il s’agit de bouteilles en verre ou en plastique, d’emballages alimentaires, de filets de pêche, de casiers, de poches ostréicoles…
Le contexte
Initié par le GONm en collaboration avec les CPIE Vallée de l’Orne et du Cotentin, un inventaire botanique et ornithologique du haut de plage a été réalisé l’été 2000 sur l’ensemble du littoral bas-normand. A partir de cette étude financée par la DIREN et l’Agence de l’Eau, des cartes de sensibilité et de préconisations ont été établies pour tout le littoral du Calvados.
Pour préserver un linéaire de 64 kilomètres de côtes identifié comme intéressant sur le plan naturaliste (botanique ou ornithologique), «Calvados Littoral» a mis en place le ramassage manuel des macro-déchets, dans un souci de préservation du milieu naturel que constituent le haut de plage et la laisse de mer. La gestion des macro-déchets sur le Domaine Public Maritime a fait l’objet d’une convention signée le 8 avril 2003 entre la Direction Départementale de l’Equipement et «Calvados Littoral».
Les prestataires
Quatre structures d’insertion interviennent pour « Calvados Littoral », sur ce linéaire, suivant un cahier des charges bien précis :
- Bessin Insertion (de Gefosse-Fontenay à Asnelles),
- Aire Environnement (de Meuvaines à Colleville-Montgomery),
- Le centre horticole du Londel (AIFST) (de Ouistreham au Home-Varaville),
- Bac Environnement (de Cap Cabourg à Vasouy).
Ces prestataires ramassent manuellement les macro-déchets présents sur l’espace compris entre les laisses des dernières basses-mers et le haut de plage, limité par une falaise, dune, enrochement ou digue. Les algues, les coquillages et tout autre objet naturel doivent être laissés sur place. Ils participent aux différents cycles de la matière et permettent un apport vital en matières organiques et éléments minéraux pour la flore et la faune du haut de plage. Le ramassage des engins explosifs et des hydrocarbures qui demande l’intervention de services compétents est exclu.
Chaque structure s’équipe elle-même de gants, de pinces, de sacs poubelle, de boîtes à seringues.
Les périodes d’intervention
Les chantiers de nettoyage manuel ont lieu :
- en mars (avant la saison estivale et après les marées d’équinoxe),
- en septembre (après la saison estivale et après les plus forts coefficients de marée),
- une troisième intervention de décembre à janvier si nécessaire.
Ce calendrier prévisionnel peut être modifié suite à des événements exceptionnels (sur-fréquentation, absence de déchets…) ou à des observations du prestataire, de la commune ou de «Calvados Littoral», après avis favorable de ce dernier. L’intervention de «Calvados Littoral» est forfaitaire et n’a pas la prétention de résoudre de façon définitive le phénomène aléatoire que constitue l’échouage ou le dépôt de macro-déchets. Les déchets sont triés quand cela est possible (bouteilles en plastiques « non souillées », le verre et le métal).
Bilan qualitatif
Bilan quantitatif
En moyenne, un demi mètre cube est ramassé par km parcouru, soit environ 80 m3 pour les 2 passages annuels (sur les 64 km concernés).
Enfin, si les actions curatives permettent de limiter la pollution, elles ne peuvent à elles seules l’éliminer. Le nettoyage doit être systématiquement accompagné d’actions de sensibilisation .









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