Le marais de Ver-sur-Mer/Meuvaines

Enclave naturelle et sauvage aux abords du Bessin, le marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines est un des rares marais d’arrière-dune de la façade littorale du Calvados.

Carte aquarellée du site

Paysage et milieux naturels :

Le cordon dunaire qui s’étend de Ver-sur-Mer à Meuvaines constitue une barrière naturelle fragile à l’origine de cette vaste zone humide.

Canal central du marais

L’accumulation de l’eau entre le coteau et la dune provient avant tout des cours d’eau voisins (ruisseaux de la Provence et de Roulecrotte), mais aussi des ruissellements du bassin versant. Une nappe souterraine assure une humidité permanente sur la zone.

Le paysage offre plusieurs visages au promeneur. Le marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines se découpe en trois parties distinctes mais toujours liées d’un point de vue écologique.

Au Sud du marais, sur les contreforts du coteau agricole, un maillage bocager résiste et délimite les parcelles pâturées par les bovins.

Plus bas, se dessine le marais. L’activité traditionnelle de chasse au gabion est encore bien présente. La quinzaine de mares creusées par l’homme qui parsème le territoire, donne naissance à un paysage varié où se mêlent roselières, plans d’eau et prairies.

En front de mer, le cordon dunaire affaibli, marque la limite fragile entre la terre et le milieu marin.

Entre Ver-sur-Mer et Asnelles, la marée basse laisse apparaître sur l’estran la tourbe et des souches d’arbres, témoins d’une ancienne forêt postglaciaire, la forêt de Quintefeuille (- 5000 – 6000 ans). La tourbe servait de combustible jusqu’à la fin du XIX ème siècle. Actuellement, tout prélèvement est interdit. La mer découvre également l’épave du Marcia C.D., échoué sur la plage d’Asnelles, lors d’une tempête de neige, en janvier 1882.

Faune :

L’aspect unique du marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines sur le littoral du Bessin en fait une zone particulièrement prisée par l’avifaune.

Bécasseau variable

L’inventaire entrepris par l’agent chargé de la gestion, fait actuellement état de plus de 150 espèces d’oiseaux recensées.

Territoire stratégique pour plusieurs migrateurs, le marais de  Ver-sur-Mer / Meuvaines est un secteur également privilégié pour la nidification de certaines espèces aux effectifs en déclin.

Le Busard des roseaux niche chaque année dans la grande roselière de Meuvaines, en compagnie d’une petite population de Butors étoilés et de tout un cortège de passereaux paludicoles*. Un beau temps et un vent faible sont les deux conditions pour entendre, dans les roselières, le « tching-tching » des Panures à moustaches, qui nichent et hivernent sur le site.

* Paludicoles : qui vivent dans les marais.

Durant la migration printanière, de nombreux canards de surface transitent entre le marais et le milieu marin. Le promeneur patient aura peut-être la chance, à la fin du mois de mars, de voir passer au-dessus de sa tête des vols de Spatules blanches. Les plus chanceux, pourront espérer observer des espèces migratrices plus méridionales comme la Grande aigrette ou le Héron gardeboeuf.

La façade maritime est, à basse-mer, le royaume des limicoles. Bécasseaux variables, sanderlings, maubèches et cocorli tournoient autour des groupes de Grands gravelots et de Tournepierres à collier.

Chaque saison permet au promeneur de s’aventurer dans un milieu sans cesse différent. Des tons orangés de l’automne aux couleurs glacées de l’hiver, le marais s’offre sans retenue à tous les curieux.

Flore :

Les douze habitats d’intérêt communautaire recensés sur le marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines trahissent la présence du fort patrimoine botanique existant.

Elyme des sables

De la végétation embryonnaire des dunes, en passant par les biotopes saumâtres jusqu’aux tourbières alcalines, tous les milieux sont représentés sur un  même territoire.

L’Elyme des sables, reconnaissable sur la dune à ses larges feuilles bleutées, est protégée au niveau national. Sa forte présence sur l’ensemble du cordon dunaire fait du marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines une station d’importance régionale.

Armé d’un livre de détermination, vous croiserez sûrement entre juillet et septembre, au creux d’une roselière une orchidée, l’Epipactis des marais qui est rare dans la région.

Malgré son caractère toxique, le Pédiculaire des marais, protégé en Basse-Normandie, est recherché au printemps, par les botanistes pour la rareté de son observation.

Partir à la découverte de la flore du marais de Ver-sur-Mer / Meuvaines est chose facile, un seul mot d’ordre, n’oubliez pas vos bottes et évitez la cueillette !

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