Mont Canisy
Situé à Bénerville-sur-Mer, dominant Deauville à l’Est et les marais de Blonville-Villers à l’ouest, le site du mont Canisy s’étend sur près de 27 hectares à plus de 100 mètres d’altitude. C’est sur cette position stratégique élevée, que les armées françaises, jusqu’en 1940, puis allemande, lors de l’Occupation, y implanteront leurs canons dans le cadre de la défense de l’estuaire de la Seine et du port du Havre. Cette succession d’artilleries est donc à l’origine de sa dénomination actuelle : « les batteries du mont Canisy ». La gestion des ouvrages historiques de ce site est confiée par convention à l’Association des Amis du Mont-Canisy.
Au milieu des nombreux vestiges en béton, la paix est revenue depuis bien longtemps et une multitude d’espèces de plantes et d’insectes en profitent, pour la plus grande joie des visiteurs.
Carte aquarellée du site
Milieux naturels et paysages :
Le sommet du mont s’est constitué au Jurassique, il y a environ 150 millions d’années.
C’est un banc de calcaire récifal qui par endroit dépasse les 20 mètres d’épaisseur. Ce matériau a été exploité à la fin du 19ème siècle pour la construction des villas originelles de la côte Fleurie, notamment celles de Trouville-sur-Mer, Deauville, Blonville-sur-Mer et Villers- sur-Mer. La nature calcaire de cette roche mère affleurant, influence très fortement les espèces qui s’y développent. L’essentiel des plantes présentes sont calcicoles et donc relativement rares à l’échelle du Pays d’Auge.
Ce milieu « caillouteux » et pauvre n’a jamais permis une exploitation agricole florissante. Aucune culture n’y est envisageable et les seuls animaux susceptibles d’y paître demeurent les chèvres et les moutons. C’est d’ailleurs ce type d’élevage qui a empêché l’enfrichement pendant plusieurs siècles après la Révolution. Depuis la seconde guerre, la lutte contre les broussailles se fait au bruit des tondeuses et débroussailleuses avant un retour à des méthodes plus naturelles…
Sur le site, on rencontre trois types d’unités écologiques distinctes qui correspondent aux différents stades d’évolution entre l’état de pelouse et celui de boisement dense :
- les pelouses à proprement parler, constituées de graminées et de l’essentiel des orchidées,
- les fourrés et fruticées : prunelliers, aubépines et ronces,
- les bois : principalement des frênes, érables et merisiers.
L’enchevêtrement de ces différents milieux crée une mosaïque propice à la biodiversité.
Faune :
De par ses surfaces couvertes d’arbustes, les lieux sont fréquentés par de nombreux passereaux pour leur nidification.
On pourra y rencontrer le Pouillot véloce, la Locustelle tachetée et le Pipit farlouse.
Bien moins imposante mais tout aussi intéressante, la Coronelle lisse (espèce protégée au niveau national), se complait dans les secteurs caillouteux et dégagés qui lui permettent de profiter au maximum des chaudes journées estivales. Cette espèce de couleuvre très discrète compte sur son immobilité et sa couleur marron-gris pour échapper aux prédateurs.
Du côté des invertébrés, les rencontres sont multiples avec entre autres Atypus affinis, la seule mygale normande qui vit au fond d’une petite chaussette en toile sous la terre.
On trouve également un petit papillon bleu, l’Azuré le bien nommé mais aussi une espèce beaucoup plus impressionnante, de par son envergure de plus de 8 centimètres, le Machaon.
La Flore :
Avec plus de 200 espèces, c’est une grande diversité qui vous attend.
En premier lieu, les 9 variétés Orchidées. Leur floraison se succède du début du mois de mai pour l’Orchis morio jusqu’à la mi-juillet pour la tardive Orchis bouc. Elle sent réellement la biquette ! C’est au mois de juin que vous pourrez observer, si vous la trouvez, l’Orchis grenouille. Deux Ophrys complètent le tableau : l’Ophrys abeille et l’Ophrys araignée. Pour les identifier c’est simple, vous cherchez une fleur qui se prend pour un insecte et vous aurez mis la main dessus (façon de parler car pour rappel, la cueillette est interdite. Laissez-les émerveiller les personnes qui vous suivront !).
Au plus chaud de la saison, les plantes aimant les terrains chauds et secs se révèlent en bonne quantité. Notamment l’Origan, qui vous fournira un moment d’évasion de plusieurs centaines de kilomètres vers le sud si vous consacrez quelques instants à humer son parfum caractéristique.
La Raiponce délicate et la Germandrée à feuille de chêne ont beau être beaucoup moins tape-à-l’œil, leur statut de protection régionale leur donne une place de privilégiées puisque nécessitant des soins particulièrement attentifs. Leur gestion impose une tonte de leur zone de prédilection quasi-annuelle, afin de les préserver de l’étouffement par les graminées dominatrices, fléau des pelouses calcaires : le Dactyle aggloméré et surtout le Brachypode penné.









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