Rive de Seine Sud
Ce site est intégré à un vaste ensemble écologique d’une grande richesse, l’estuaire de la Seine, il se situe sur la rive gauche du fleuve. Il s’agit d’une ancienne zone industrialo-portuaire à cheval sur l’Eure et le Calvados.
Carte aquarellée du site
Les milieux naturels et paysages :
Ce site a été très artificialisé et un bref historique est nécessaire pour comprendre son histoire.
- au 18ème siècle : l’estuaire de la Seine est un vaste espace naturel,
- au 19ème siècle : succession d’endiguements pour se prémunir des crues,
- au 20ème siècle : construction de deux digues, l’une au Nord et l’autre au Sud de l’estuaire pour rendre la Seine navigable jusqu’à Rouen,
- en 1948 : prolongement de la digue Sud jusqu’à Honfleur, ce qui met hors d’eau 1000 ha à l’emplacement actuel des « alluvions ». Le dragage du futur chenal de la Seine commence, les alluvions issues de ces travaux y sont entreposées,
- en 1961, le chenal de Rouen est ouvert avec pour objectif l’industrialisation de cette zone de dépôt de 1800 ha, le développement reste limité aux alentours d’Honfleur,
- en 1999, dans le cadre des mesures compensatoires pour la construction de port 2000, une majeure partie de la zone est cédée au Conservatoire du littoral pour la protection des milieux estuariens.
Ces terrains constituent une zone relique des anciens bancs sableux changeants et émergés de l’estuaire qui existaient autrefois. De par sa rareté, le site a un enjeu patrimonial important.
Actuellement, les trois grands types de milieux naturels remarquables sont présents sur le site. Ce sont les boisements alluviaux sur sable, les zones dunaires et les cours d’eau (la Morelle, l’Orange et la Vilaine)
La faune:
Le milieu estuarien a une importance majeure pour l’accueil de l’avifaune notamment pour les limicoles et les anatidés.
Jusqu’à aujourd’hui, 116 espèces d’oiseaux ont été observées sur le site, 12 espèces figurent à l’annexe 1 de la directive oiseaux et 67 espèces ont montré des indices de nidification.
Parmi les passereaux, le Rossignol philomèle, la Bouscarle de Cetti et la Locustelle tachetée peuvent être observés mais surtout entendus le soir dans la végétation dense des zones les plus humides.
Lorsque l’eau est moins présente et que des buissons apparaissent, d’autres oiseaux peuvent s’installer telles que la Fauvette grisette, le Tarier pâtre et la Fauvette babillarde.
Le Tadorne de Belon niche à proximité et la femelle a la particularité d’installer son nid dans des terriers de lapin. Cette zone riche attire des rapaces comme le Faucon hobereau, qui de retour de ses sites d’hivernage africains, vient chasser des passereaux sur le site.
Les mammifères occupent le site avec 36 espèces inventoriées dont certaines sont remarquables comme la Crossope aquatique, seule espèce de musaraignes protégée en France, le Putois et le Muscardin. La zone constitue un terrain de chasse pour les chauves-souris comme le Grand murin, la Pipistrelle de Nathusius et le Murin de Daubenton.
Six espèces d’amphibiens peuvent être rencontrés notamment le Crapaud calamite et le Pélodyte ponctué, ces deux espèces de crapauds affectionnent les milieux pionniers comme des mares sableuses temporaires peu végétalisées.
La flore:
Actuellement, 426 espèces de plantes ont été inventoriées, ce qui rend la zone remarquable pour son intérêt botanique.
Parmi ces plantes, 98 espèces sont considérées comme assez rares voire exceptionnelles en Basse-Normandie, soit une proportion supérieure à 20 %. En outre, deux espèces sont protégées au niveau national, la Pyrole à feuilles rondes et l’Orchis punaise. Elles sont présentes sur la partie située dans l’Eure.







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